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Paris, le 12 novembre 2014,

Madame la maire,

Je suis alerté par les professionnels du Centre Municipal de Santé et ses usagers sur votre décision de supprimer dès janvier 2015, les activités de spécialités en son sein. Cela revient à supprimer deux tiers des activités du CMS, soit une amputation considérable.

Cette décision annoncée sans concertation préalable avec les usagers ni avec les personnels, est en réalité une fermeture programmée. Je vous demande solennellement de revenir sur cette décision funeste.
En effet votre décision, brutale, constitue un recul sans précédent de l’accès au soin pour les colombiens : plus de 6 000 personnes fréquentent chaque année cet équipement  dont 80 % sont des colombiens. Un recul pour les spécialités (dentaire, radiographie,…) qui manquent globalement à Colombes et en particulier sur le quartier du Petit-Colombes. Par cette décision vous allez aggraver la désertification médicale dont souffre déjà la population colombienne.

De plus cette décision est un non-sens économique. En effet au cours du mandat précédent, la ville a investi fortement dans le CMS pour l’équiper de moyens modernes et pour y mettre en œuvre un personnel qualifié pour un service public de proximité. Que vont devenir ces équipements récents et qui n’auront plus d’utilités en cas de fermeture ?

Le délai annoncé très court, d’une fermeture début 2015, est également source d’inquiétudes. Comment les patients en cours de traitement pourront-il s’organiser dans un délai aussi court pour changer de praticien ? De la même manière, comment travailler sereinement avec les personnels du CMS dans un tel délai ? Enfin, je vous rappelle que le CMS travaille en partenariat avec l’hôpital Louis Mourier, la fermeture du CMS aggravera la surcharge des urgences de Louis Mourier et ses conditions d’accueil des patients qui n’auront plus d’autres choix que de s’y rendre.

La recherche d’économie dans ce secteur n’a pas de sens, vous argumentez sur le déficit du CMS pour justifier sa fermeture. Les chiffres que vous annoncez sont grossièrement surévalués, de plus aucun CMS en France n’est rentable ou à l’équilibre. Ce n’est pas leur objectif, ce n’est pas leur rôle.

Madame le maire, vous aviez déjà tenté en 2005 de faire fermer le CMS, face à la légitime mobilisation des personnels, des usagers et des associations, vous aviez décidé de renoncer.

A nouveau, je vous demande madame la maire, de reconsidérer votre décision. L’existence du CMS, son action répondent à un besoin des colombiens, son action de santé publique est reconnue. Sa remise en cause suscite une inquiétude bien légitime au sein de la population.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, madame la maire, l’expression de mes salutations républicaines.
Alexis Bachelay

2 réponses.

  1. Dr Patrick Bouffard dit :

    Inquiétante nouvelle. Mais pas si étonnante que cela ? Compte tenu de la politique austéritaire mis en place par le sommet de l’état, (cf.les cadeaux fiscaux accordés aux MEDEF) et donc mécaniquement la restriction des dotations publiques qui en découle, cela ne peux que déboucher sur ce type de situation, laissant sur le carreaux les patients – usagers qui se retrouvent livrés à eux même. Premiers sacrifiés sur l’autel de l’horizon indépassable du rationnement d’une offre de soin participant à une action de service public. Merci de rappeler que la vocation d’un CMS n’est pas le bénéfice, mais une gestion à l’équilibre. A défaut de jouer l’espace commun bon pour la cohésion sociale, le maire de Colombes semble préférer la logique libérale de la privatisation du sujet, autrement dit, le chacun pour soi. Soit une vision sociale pour le moins à courte vue dans un contexte tendu ? (dr Patrick Bouffard, médecin cardiologue en centre de santé. Membre de l’USMSC)

  2. ATERIDO Isabelle dit :

    Ancienne manip du CMS (1982-2008) à la retraite, je suis dans l’incompréhension totale d’une telle décision. Cette structure est vitale pour le quartier et je doute qu’elle ne puisse être « rentable » si bien administrée. Mais qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. Bref, cette décision est le fait d’un esprit revenchard (et probablement sénile)

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